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Christine Prieto, pasteur et itinérante régionale, anime des groupes bibliques dans plusieurs paroisses de la région. Elle nous présente un résumé du travail d’un de ces groupes.

Actes 17,16-34, dans le cadre d’un travail annuel sur « Paul et la mission paulinienne dans les Actes des Apôtres ».
Le discours de Paul devant les philosophes d’Athènes est un moment important de sa carrière missionnaire. En effet, l’apôtre annonce Jésus ressuscité face à des théologiens païens (ce sont les philosophes qui font de la théologie, tandis que les prêtres sont chargés des rites). Quoique opposé à la religion païenne et à ses modes d’expression (v.16), Paul adapte son discours à la pensée grecque, afin de le rendre compréhensible et recevable par ses auditeurs : il fait un effort d’inculturation. Paul ne peut annoncer l’Evangile à des Grecs comme il l’annonce en synagogue à des Juifs qui connaissent les Prophètes et attendent un Messie.

Les philosophes

L’apôtre est interpellé par deux catégories de philosophes différents (et opposés), dont la pensée était très répandue au Ier s. dans tout l’Empire : les épicuriens et les stoïciens. Il commence donc par « capter leur bienveillance » en les louant pour leur grande religiosité (v.22), mais son discours est déjà ambigu : le mot traduit par « très religieux » signifie aussi « superstitieux ». En fait, Paul n’estime pas qu’ils soient vraiment religieux ; il veut d’ailleurs les détourner de leurs croyances.

Paul n’aime pas les statues des dieux, qui sont pour lui des idoles, et pourtant il prend prétexte d’un monument rencontré (la stèle « à un dieu inconnu », v.23) pour leur dire : « je vous annonce celui que adorez sans le connaître ». Paul veut-il faire de Jésus un dieu parmi d’autres du panthéon grec ? Non, mais il découvre une brèche dans la connaissance grecque : le dieu « inconnu » ou « ignoré » ouvre la porte à Jésus, qui se révèle maintenant au monde et qui fait connaître Dieu selon de nouvelles modalités.

Les v.24-29 présentent le Dieu créateur, avec des expressions tout droit tirées de l’Ancien Testament. Et en même temps, les tournures correspondent totalement à la pensée stoïcienne et à la critique philosophique des formes traditionnelles du culte grec. Ainsi chez Platon, Aristote, les stoïciens, nous avons lu des théories qui développent l’idée d’un dieu unique, origine de tout ce qui existe, conservant le monde et les êtres vivants (// v.24-26).

Les stoïciens et les épicuriens affirment aussi que le dieu est indépendant et n’a besoin de rien (// v.25). De nombreux philosophes ont pris leurs distances vis-à-vis du culte traditionnel, et certains ont affirmé que les dieux n’habitaient pas dans les sanctuaires (// v.24).
Le fait de chercher Dieu comme but de la vie humaine (v.27) est déjà présent chez Platon.

Dieu incarné

Paul ne fait donc pas œuvre originale, mais son talent consiste à adapter des concepts juifs à la pensée grecque. Ainsi, quand il affirme que tous les humains sont issus « d’un seul », les judéo-chrétiens comprennent « à partir d’Adam », et les Grecs « à partir du premier principe » de la pensée stoïcienne.

Paul pose aussi que l’homme peut trouver Dieu par lui-même (v.27), sans doute à partir de la méditation de ses œuvres. Jusqu’à un certain point une « théologie naturelle » est donc possible. En quelque sorte, les stoïciens ont des idées qui ne sont pas loin de ce que Paul présente (les épicuriens, par contre, ont une philosophie radicalement différente, qui empêche qu’ils adhèrent au message de Paul). L’Evangile est-il alors accessible à la simple raison ? La brusque interruption du discours au v.31 montre que non. Tant que Paul annonçait le Dieu créateur, ses auditeurs pouvaient l’entendre. Mais quand il présente le jugement à venir, et surtout l’homme que Dieu a ressuscité des morts, la communication est rompue. Alors apparaissent les limites de la raison : il est un pas qui ne peut être franchi que par la foi. C’est d’ailleurs ainsi que se termine la séquence : quelques uns « crurent » (v.34).

Paul a fait un bel effort d’adaptation de son message aux théologiens grecs. Mais l’événement de la résurrection échoue à se dire en termes philosophiques et à toucher la raison. Seule la foi du cSur peut le saisir comme compréhension nouvelle de Dieu.

Christine Prieto

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