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l'Église Réformée en Ardennes

Chroniques : 2006-janvier -février - mars - avril - mai -
2003 - 2004 - 2005

Vous souhaite la Bienvenue.

Pour recevoir ensemble l'annonce de :

Et pour rendre un culte à Dieu, au nom de Jésus-Christ.

Vditorial du mois:

Mai 2006

Résurrection

Et ils se disent l'un à l'autre " Notre cœur ne brûlait -il pas en nous, Lorsqu'il nous parlait en chemin et nous ouvrait le sens des Écritures " Luc 24, 32

Nous éprouvons la chaleur humaine quand quelqu'un ose nous parler du sens de la vie. Son courage de s'ouvrir devant les autres est rare. Et ensuite son discours unique nous révèle une profondeur. Sa vie s'épanouit devant nous et quelque chose rayonne.

Dans ce partage simple et solidaire, cette personne devient un interprète de notre vie aussi. Et cela est peut-être la deuxième raison pourquoi " notre cœur brûlait ", puisque nous avons besoin d'un interprète ouvrant les mystères de nos vies. Trop souvent ma vie reste énigmatique, et je reste sans clé devant la porte de mon existence. L'homme, " un être qui est la question de son être " (Paul Tillich

Les deux disciples désespérés après la mort de Jésus retournent à Emmaüs. Sans cesse ils s'interrogent et ils souffrent. Jésus, restant l'inconnu pour eux, les accompagne. Il commence à discuter avec eux et petit à petit il interprète cette souffrance du Christ pour les éclairer et les réconforter : Que la souffrance du Fils de Dieu était inévitable et salutaire dans la mesure où il partage entièrement la vie et la mort de l'homme.

Et ainsi il transforme progressivement - grâce à la force de la résurrection - la vie humaine jusqu'à nos jours. Or, la méthode de Jésus est simple et humble. Il marche à côté des nos vies et il écoute nos souffrances. Il interprète les Ecritures et il rompt le pain. Et il disparaît.

Et seulement après cette rencontre les disciples saisissent que pour un moment, pour une étape de leur vie, Jésus était parmi eux. Et leurs craintes et leurs peines sont dans un instant apaisés. Et ainsi, ils essaient d'agir comme Celui qui semble souvent disparu, mais qui est d'une manière cachée présent. Jésus l'interprète de nos vies.

En effet, la vie de l'Eglise s'est développée d'une manière similaire à cette rencontre d'Emmaüs. Les disciples s'accompagnent les uns les autres, ils interprètent les Ecritures et ils partagent le pain. Et quelque chose va brûler dans leurs cœurs.

Ses disciples du 21ième siècle découvrent un sens vivifiant et la chaleur de la résurrection quand ils vivent ensemble ainsi et suivent " l'interprète de leur vie ".

Conrad Mohr

Avril 2006

Vivre vers Pâques - Le lavement des pieds

Chers amis,

La semaine sainte se rapproche de nous. Et nous sommes à nouveau invités à la célébrer ensemble. Deux semaines et une matinée. Trois jours existentiels mis à part : Jeudi Saint, Vendredi Saint et Pâques. Nous recevons ce que Jésus nous a laissé avant de mourir : pour nous réconforter, rassurer et nous relever. Et nous l'attendons, le Christ Jésus, ressuscité pour nous.

Laver les pieds

Si nous suivions bien la vie de Jésus nous y trouverions une attitude étonnante. La volonté de Jésus de servir l'homme. Il se baisse. Il s'humilie. Il sert. Jésus se met en bas pour laver les pieds poussiéreux de ses disciples. C'était un acte habituel dans la vie orientale. Or, pratiqué par Jésus il devient un acte inouï. Un geste qui touche l'intimité de l'homme, et par cela tout son être : car les pieds qui nous portent jour après jour sont très sensibles et délicats.

Une zone intime.

Les pieds sont infiniment valorisés et rafraîchis par Jésus. Ce geste humble et simple, bouleverse le " système hiérarchique " de Pierre. Il n'accepte pas que son maître s'abaisse devant lui. Mais appartenir à Jésus demande à Pierre et à nous-mêmes aussi le courage de nous laisser servir, de recevoir sans le rendre. La transformation passive de l'homme entamé par Jésus est signifié par ces trois jours saints devant nous. Puis Jésus lave les pieds de ses amis. Et ils se laissent laver leurs pieds.

Chers amis,

Je vous invite ce Jeudi saint, pour ceux qui le désirent, à faire cette expérience soulageante et salutaire. Le Christ nous invitera à nous laver les pieds mutuellement, les uns les autres, dans un esprit d'amour et de simplicité. Et ainsi nous partageons l'Evangile aussi dans une manière non-verbale, légère et profonde entre soeurs et frères en Christ (Pour les aspects pratiques, contacter C.Mohr).

Bienvenue, chers soeurs et frères et enfants de Dieu.

Conrad Mohr

Mars 2006

" Un peuple de prophètes " (Nombres 11/29)

Dès sa sortie d'Egypte, le peuple d'Israël traverse crise sur crise, contestant, se révoltant sans cesse contre Moïse - et contre Dieu -. Moïse connaît alors un véritable " passage à vide " et crie vers Dieu son profond découragement. Pour le soutenir, dans cette épreuve, Dieu institue un Conseil d'Anciens (70) réunis autour de Moïse pour recevoir l'Esprit en partage.

Au moment où les membres de nos Eglises locales élisent leur conseil presbytéral (= des Anciens), lors des assemblées générales de février-mars, ce texte ne manque pas d'interpeller : 70 anciens ! (le rêve ! quand nombre de conseils ont du mal à se renouveler) qui partagent la responsabilité - pas toujours facile ! - de rassembler le peuple de Dieu autour de sa Parole - Seront-ils prophètes ? le texte biblique note pudiquement qu'ils cessèrent très vite ! Certains membres de nos Eglises Hésitent à s'engager, mesurant la tâche à accomplir. D'autres, dans les conseils, sont pris de découragement.. Pourtant le texte biblique mentionne 2 retardataires sur lesquels l'Esprit de Dieu s'est également posé et qui se mettent à prophétiser, au grand scandale de Josué ! Des concurrents ? des " extra-institutionnels " doués d'un don différent ? En tout cas animés d'un souffle neuf pour apporter - peut-être un discours non-conforme, sûrement un nouveau message… Et quel conseil presbytéral d'aujourd'hui ne reprendrait pas à son compte la prière secrète de Moïse : " Si seulement tout le peuple devenait un peuple de prophètes, revêtu de l'Esprit de Dieu " ! Que toute l'Eglise puisse s'engager aux côtés du Conseil presbytéral pour parler d'une seule voix, au nom de Dieu, et pour se prendre en charge !

La force de ce texte, c'est finalement de nous rappeler que l'Esprit de Dieu souffle où il veut, comme il veut. Dieu peut aussi bien renouveler les Forces des anciens que parler, agir, à travers des personnes inconnues ou aux marges ; car nul - pas même une institution d'Eglise- n'est le dépositaire privilégié de sa Parole.

C'est à chacun, chacune d'entre nous, à notre place, de témoigner de l'espérance, sachant que Dieu suscite sans cesse de nouveaux témoins - même les plus inattendus -, de "nouveaux prophètes".

Colette Dantu

Février 2006

" De tout je fais du nouveau"

Quand les hommes arrivent à la fin de leur vie, pendant les derniers moments où ils vivent, ils voient quelque chose. D'après certains témoignages, il revoient leur vie : Leur vie se révèle au ralenti. Les moments heureux avec d'autres personnes, les amours vécus, la joie et la communion partagées, les quelques mots vrais qu'on a prononcés, les actes justes, les gestes humains. Mais on revisite aussi les moments de souffrance, de ténèbres et de déception qui se montrent aux yeux intérieurs. Et il semble que cette douleur resterait à l'infini. Devrions-nous alors nous contenter de cette ambivalence, cette contingence de la vie ?

Quand la Bible arrive à sa fin, quand les dernières lettres sont écrites et l'écriture commence à mourir ... qu'est-ce qui se passe ? Nous lisons quelque chose qui va au-delà de ces lettres. Nous recevons - comme souvent dans notre Bible, d'ailleurs - une surprise chiffrée, un message symbolique... une vision (Apc 21,1-5a) : " Alors je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n'était plus. Et je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la Jérusalem nouvelle, prête comme une mariée qui s'est parée pour son mari. J'entendis du trône une voix forte qui disait : Il essuiera toute larme de leurs yeux, la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. Celui qui était assis sur le trône dit : De tout je fais du nouveau. "

A la fin de la Bible, Dieu nous surprend avec une vision de l'au- delà, un espace au-delà de l'ambivalence et même de la contingence de toute la vie : De la vie universelle et de ma vie personnelle." De tout je fais du nouveau " : Dieu, à la fin de la Bible, n'a pas du tout épuisé ses capacités, ni tiré sa dernière carte : Non, il laisse entrevoir pour toute l'humanité un ciel nouveau et une terre nouvelle. Pour moi, cette bonne nouvelle est en même temps consolation et invitation, espérance et encouragement : C'est Dieu qui fait d'abord le premier pas, il agit, il avance la nouveauté : Et nous ?

Nous, chers amis, nous sommes les récepteurs et les collaborateurs de ce nouveau mouvement de Dieu envers l'humanité : Aujourd'hui nous sommes les oreilles et les mains pour Dieu. Est-ce que quelque chose nous empêche de travailler avec Dieu ? Si oui, osons le dire, car nous sommes tous limités ; si non, allons-y, car c'est à nous, en marchant derrière Dieu, de préparer ensemble avec les étrangers et nos voisins, nos amis et nos familles, et avec nous- mêmes d'abord, le renouvellement de ce monde. Ce monde dans lequel beaucoup de personnes se sentent inutiles et isolées. Des personnes qui souffrent et qui ne trouvent pas un endroit réconfortant.

Comment faire ? Peut-être nos Eglises, nos paroisses modestes peuvent- elles le devenir, des endroits où on permet les larmes et où l'on les essuiera ...? Peut-être en réalisant et en rappelant encore et à nouveau que Dieu est au milieu de nous. La vision divine est une vision communautaire. Nous apprendrons de nouveau ce qu'elle nous promet. Dieu au milieu de nous, et nous bras dessus, bras dessous. Nous, avec une vision d'une communauté renouvelée et encouragée. Ensemble, avec la 9ème assemblée du Conseil oecuméniques des Eglises, qui a lieu au mois de février à Porto Alegre (le havre de la joie !), prions pour ce renouvellement : " Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce ". Et découvrons ensemble comment " la source de l'eau de la vie " jaillit déjà maintenant.

Conrad Mohr

 

Janvier 2006

Dieu dit : " Je ne te délaisserai pas et je ne t'abandonnerai pas." (Josué 1, 5 )

0.00 heure. - Le 1. Janvier 2006 est là.

Les premières secondes passent tranquillement comme si rien s'était passé.

„Mais, si!"

Je murmure. j'ai traversé encore un seuil dans le temps. À côté de mon petit silence pensif, j'entends encore les " Chins-Chins " dans mes oreilles. Mes voisins trinquent. Et ils chantent avec la musique qui sort des haut-parleurs. Dehors, les feus d'artifices illuminent le ciel nocturne. De nombreuses couleurs brillent dans cette obscurité: Or et argent, bleu, rouge et vert. La vie danse aussi dans les ténèbres. Je songe que ça serait bien, si nous recevions un esprit de danse pour une année constructive.

Une personne charmante et inconnue m'embrasse et chuchote amicalement: „Joyeux nouvel an!" Je souris et je réplique: „Merci. Je te souhaite aussi de bonnes aventures dans cette nouvelle année." Puis, je me retourne comme si cette mystérieuse nouvelle année n'était pas devant moi, mais encore derrière. pourtant je le sais. Cette année est devant moi. Comme un pays inconnu, un terrain vierge.

Et il m'attend.

Dans mon coeur je ressens la curiosité et le courage d'un explorateur avant partir. Et j'apercois de même une crainte et un respect considérables devant cet espace inconnu, comme s'il attendait que nous le remplissions avec notre vie et nos visions. Que faire avec ces sentiments ? - Que vais-je faire dans cette nouvelle année ? Et qu'est-ce que je veux faire avec Dieu, et lui avec moi ? Je décide de quitter la fête pour un moment. Je veux marcher. après quelques minutes je m'arrête instinctivement devant les vitraux de notre Temple. Sur une affiche bleue, je lis à avec surprise:

" Je ne te délaisserai pas et je ne t'abandonnerai pas." ( Josué 1,5) Ton Dieu en 2006

„ Ah, merci, mon Dieu !" Profondément je suis soulagé. Je ressens une joie rare. Un moment de grâce, bref comme les feux dans le ciel, mais très présent. Et je dois lui dire mon merci toute suite

„Oui, mon Dieu, dès le début tu es resté à côté ton peuple. Tu es un Dieu fidèle et encourageant pour ceux qui veulent explorer un pays inconnu. Tu as rassuré le jeune Josué sur le seuil de la terre promise. Et tu l'as accompagné et affirmé pour construire un nouvel avenir, dans un pays étrange et prometteur. Et il a réussi.

" Rends à nouveau cette confiance et cette chaleur pleinement pour l'aventure de cette nouvelle année à ton Eglise. - Nous t'attendons et nous te croyons à nos côtés dans la démarche vers un avenir lumineux et inspiré, paisible et accueillant ".

Quelques instants plus tard, je rentre à la fête et je danse avec mes amis et avec des inconnus avec une nouvelle dynamique. Le nouvel an a commencé.

Conrad Mohr

 

 

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